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Midis du Tiers-Monde

Vendredi 18 octobre 2002, de 12h15 à 14h00
À la maison du développement
9, quai du commerce – 1000 Bruxelles

Johannesbourg: enjeux d’un sommet raté ?

Rencontre-débat avec
Olivier Deleuze, Secrétaire d’Etat à l’Energie et au développement durable
et
Thérèse Snoy, Secrétaire générale de
Inter-Environnement Wallonie

Animation: Hélène Ryckmans – Le Monde selon les femmes

 

Johannesbourg :
enjeux d’un sommet raté ?

On a beaucoup annoncé, avant même sa tenue, que le Sommet de Johannesbourg, serait un échec.
Un tel sommet, convoqué 10 ans après le sommet de la Terre à Rio, était censé faire un bilan des avancées de l’Agenda 21 et de susciter la mise en œuvre effective des engagements pris en 92.


Le Sommet de Jo’Bourg a adopté une Déclaration et défini un Plan d’action pour ralentir, et non pas pour arrêter !, la dégradation de l’environnement et des ressources de la Planète. Les Etats se sont définis sept grands objectifs, définis dans le temps :

  1. d’ici 2015, diminuer de moitié le nombre de personnes qui n’ont pas accès aux infrastructures sanitaires ainsi qu’à l’eau potable

  2. d’ici 2020, minimaliser les conséquences négatives de la production et de l’utilisation des produits chimiques

  3. d’ici 2015, ramener les stocks de poissons à un niveau durable

  4. d’ici 2010, réduire sensiblement le niveau actuel de perte de biodiversité

  5. d’ici 2004, entreprendre des initiatives au départ de la terre ferme pour réduire la pollution marine des petits Etats insulaires

  6. d’ici 2005, développer des stratégies en matière de sécurité alimentaire en Afrique

  7. d’ici 2005, entamer la mise en œuvre des stratégies nationales de développement durable.

Par contre, aucun consensus n’a pu être trouvé sur l’augmentation de la part des énergies renouvelables dans l’approvisionnement énergétique, sur le démantèlement des subsides en matière d’énergie qui freinent le développement durable, sur la tendance à la dégradation des ressources naturelles, et enfin, sur l’élimination des inégalités entre les hommes et les femmes dans l’enseignement en Afrique. Il faut noter d’ailleurs que le Sommet a montré à nouveau la vigueur d’une alliance entre pays conservateurs

Durant le Sommet, les Etats Unis, tenants du libéralisme économique et du recours au marché, se sont particulièrement opposés aux pays du Sud, critiquant les modes de production et de consommation des pays du Nord et leur rappelant avec force les promesses non tenues de financer le développement (les 0,7 % du PNB). Dans ce débat, l’Union Européenne a certes joué un rôle moteur en matière de développement durable, mais a été mise en difficulté à cause de ses politiques de subsides agricoles. Les négociations préalables à Bali avaient surtout buté sur les revendications des pays du Sud d’aller au delà des engagements de Doha (en ce qui concerne le commerce) et de Monterrey (sur le Financement du développement).

Ces revendications semblaient inacceptables pour les Etats Unis, le Japon, le Canada et l’Australie ; mais début août, un consensus était trouvé avec la reconstitution du Global Environement Facility Fund. D’autres principes de Rio ont été confirmés, malgré les craintes de les voir remis en question lors de ce Sommet de Johannesbourg. Ceci a abouti à des accords permettant semble-t-il de « limiter les dégâts » et à une définition du développement durable articulant les dimensions sociale, politique et environnementale. Mais le lien entre droits humains et environnement n’a pas pu avancer, et le droit à un environnement sain n’a pas encore été reconnu.

Ce Midi du Tiers monde aura donc pour but de présenter, avec un peu de recul, quels furent les enjeux de ce sommet : quels ont été les intérêts en présence ? Quelles sont les options politiques ou les choix économiques respectivement des Etats Unis, de l’Union Européenne, des pays du Sud  ?  

Quel fut le poids du privé et du monde des affaires dans les négociations ? Quelles ont été les alternatives proposées par les ONG et la société civile ?
Face à l’urgence vécue par les populations, et décrite dans les diagnostics lucides et consternants, la définition d’un Plan d’action à un horizon si lointain (2015 pour l’essentiel) a-t-il du sens ? A quoi sert-il de fixer des objectifs à atteindre « aussi vite que possible » ? Comment vérifier la mise en œuvre régulière de ce Plan d’action ? Puisqu’il a été adopté, il faut alors déterminer que faire maintenant pour avancer « malgré tout" ? Quel est le rôle du politique ? et celui de la société civile ? Quel est le rôle joué notamment par les mouvements de femmes, qui ont élaboré la plate-forme Femmes pour la qualité de la vie ?
 
Pour échanger sur ces questions, Olivier Deleuze, Secrétaire d’Etat à l’Energie et au développement durable et Thérèse Snoy, Secrétaire générale d’Inter-Environnement Wallonie donneront leur lecture des résultats du Sommet de Jo’Bourg.

Pour plus d’informations, voir également www.johannesburgsummit.org

Info

Midis du Tiers - Monde mail
9 Quai du Commerce 1000 Bruxelles


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