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AGCS

Impacts sur les femmes et les hommes au Sud et au Nord

Beaucoup de monde en parle : l’AGCS est à nos portes !
L’AGCS est un accord, l’Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS) négocié entre la plupart des Etats du monde (144), dans le cadre de l’Organisation Mondiale du Commerce. Cet accord comporte plus de 12.500 pages de propositions. Il est en discussion actuellement et les pays de l’Union européenne ont délégué Pascal Lamy, Commissaire européen, pour négocier en leur nom.

L’AGCS en discussion actuellement risque d’avoir de graves conséquences pour nous, les habitants de la Belgique qui bénéficions généralement de la couverture sociale, mais surtout pour les populations des pays du Sud, où la sécurité sociale et les services publics n’existent pas ou sont très faibles. Tous les services seront touchés par l’AGCS et pas seulement les services publics.

L’AGCS consiste à libéraliser les biens et services, à supprimer toute entrave au libre commerce. Il va se concrétiser notamment par la privatisations des entreprises publiques qui auront surtout des conséquences lourdes pour les femmes, partout dans le monde. Dans les années 80, on a vu que les Programmmes d’Ajustements Structurels exigés par la Banque mondiale en échange de prêts ont alourdi le travail des femmes. Beaucoup de tâches, auparavant assurées par l’Etat, sont prises en charge, gratuitement, par les femmes. L’Etat ne joue plus son rôle de redistribution des ressources entre tous les citoyens et citoyennes.

Les mouvements de femmes s’unissent pour attirer l’attention des mandataires politiques sur les conséquences désastreuses que risque d’avoir l’AGCS sur la vie des femmes, en particulier les femmes pauvres du Sud. Leur expérience montre qu’on ne peut pas instaurer de nouvelles privatisations. De nombreux témoignages du Sud montrent que l’impact des privatisations des services de base est différent selon le sexe. C’est la situation des enfants, des fillettes, des femmes et des mères qui va être la première et la plus compromise. La voix des femmes doit être entendue dans le débat sur l’AGCS.

Ce sont en effet les femmes qui assument la diminution de la qualité des services et l’augmentation de leurs coûts. Les femmes ont la responsabilité des tâches domestiques, une grande part du travail productif (dans des secteurs les moins bien rémunérés ou avec des statuts de travail précaires ou atypiques), et de multiples activités collectives et sociales quand l’Etat fait défaut : activités de groupes, garderies, écoles, entretien des espaces communs…

Quand l’école devient payante, on voit que ce sont d’abord les petites filles qu’on retire de l’école. Quand l’eau coûte cher, les femmes retournent chercher de l’eau gratuite dans les points d’eau non potable. Quand la santé est hors de prix, les femmes ne vont pas au dispensaire ; elles sont moins vite et moins bien soignées et n’accouchent pas à la maternité dans de bonnes conditions. La santé se détériore et la mortalité augmente. L’emploi, quand les femmes en trouvent, devient plus précaire, et il est moins bien payé.

Et pourtant, les femmes s’organisent : quand éclate la guerre de l’eau dans les villes boliviennes les femmes sont présentes pour revendiquer que l’eau soit un bien commun, accessible à chacun-e. Quand les sociétés multinationales font main basse sur les semences et les espèces traditionnelles au Bengla Desh, les femmes se lèvent pour protéger leur savoir et leur nourriture de base ancestrale. Quand les écoles ferment au Congo ou en Mauritanie, ce sont les femmes encore qui s’organisent pour maintenir des écoles dans les villages et payer la scolarité de leurs filles.

Pour mettre tout cela en évidence, nous voulons transmettre et diffuser les témoignages des femmes du Sud. Des études et des documents politiques sont diffusés pour interpeller toute la société civile. L’AGCS se négocie sans débat ni contrôle démocratique, car l’OMC a le pouvoir de faire respecter les règles qu’elle-même édicte. Heureusement, les députés belges viennent d’adopter à l’unanimité une résolution fixant les limites de la négociation et mettant le véto sur une série de secteurs qui ne peuvent pas faire l’objet de libéralisation : la santé, l’eau, le logement, l’éducation, la formation professionnelle ou la culture… Mais le véto doit encore trouver des alliés en Europe.

L’AGCS aura des conséquences désastreuses pour toutes et tous, et il est donc aussi très important de mettre un éclairage spécifique sur les femmes. C’est ce que veulent les associations de femmes en Belgique qui participent aux activités du Forum Social de Belgique le 10 mai.

Ces groupes ont déjà travaillé ensemble dans le cadre de la Marche mondiale des femmes :

Le Monde selon les Femmes et le réseau Palabras : Hélène Ryckmans et Lidia Rodriguez
palabras(at)mondefemmes.org
www.mondefemmes.org

11.11.11-gendergroep
11.11.11- gendergroep est une cooperation informelle des ong’s, e.a. FOS, UCOS, Oxfam Sol, 11.11.11, etc.
samira.wymeersch(at)11.be
www.11.be/standpunten/internationaal/gats/index.htm

WIDE (Maria Karadenizli)
www.eurosur.org/wide/home.htm

Coordination Marche Mondiale : Maryam Kechiche : marche(at)amazone.be et Leen Vandamme
wereldvouwenmars(at)amazone.be
www.ffq.qc.ca/marche2000

Soyez nombreux à participer au Forum social de Belgique le samedi 10 mai
Dans le chapiteau abritant l’axe 1 : « AGCS : eau, santé, éducation ne sont pas à vendre. La société civile en route vers Cancun »
Lieu: Esplanade de la Gare du Nord – Boulevard Albert II, à Bruxelles. Accès: gare du Nord, métro Rogier
Heure: de 12h à 22h30.
Le programme détaillé et les propositions sont sur : http://www.wsf.be

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