Description
À l’heure où la guerre redevient une priorité politique assumée et où les réponses sécuritaires sont présentées comme des évidences, des traditions féministes critiques du militarisme rappellent une vérité dérangeante : la guerre n’est pas une fatalité, mais le produit de choix politiques. De la nécessité de la « paix négative » à la construction d’une paix positive, cette note d’analyse retrace l’histoire et l’actualité d’un féminisme qui ne se contente pas d’arrêter la guerre, mais cherche à transformer durablement les sociétés qui la produisent. Dans un contexte où les récits positifs semblent s’épuiser, la paix féministe et son histoire constituent des ressources essentielles pour résister à l’extrême droite et rouvrir des horizons politiques émancipateurs.
Le but de cette note d’analyse est précisément de revenir, de manière synthétique, sur l’histoire du féminisme en lien avec le refus de la guerre et la construction d’une paix positive. Il s’agit de rappeler que les féministes n’ont pas seulement dénoncé la guerre, mais qu’elles ont aussi pensé et expérimenté d’autres manières de faire société. L’un des problèmes récurrents auxquels les femmes sont confrontées tient au fait que l’histoire des femmes et des féminismes reste largement absente des enseignements et des récits dominants : chaque génération se retrouve contrainte de « réapprendre » ce qui a déjà été combattu. (Lecoq, 2021). Dans un contexte où les récits d’extrême droite, sécuritaires et militaristes s’imposent comme des évidences difficiles à contester, revendiquer l’histoire et les pratiques de la paix féministe devient ainsi un enjeu politique central. Revenir à ces héritages est donc une condition pour renforcer les luttes féministes contemporaines face à la guerre et à la militarisation du monde.
Par : Delphine Spitaels.
Sortie : février 2026





